Les représentants des regroupements des entreprises d’économie sociale en aide à domicile (EÉSAD) accueillent avec une grande déception le budget du gouvernement du Québec.

En effet, Mmes Marie-Claude Gasse, Hélène St-Laurent et M. J. Benoit Caron, les représentants de la Coalition des entreprises d’économie sociale en aide domestique, de l’Aile rurale des entreprises d’économie sociale et aide à domicile du Québec et de la Fédération des coopératives de services d’aide à domicile et de santé du Québec (FCSDSQ), estiment que les besoins réels de financement en matière de services à domicile n’ont pas été répondus dans le budget provincial d’aujourd’hui. Le gouvernement a notamment reporté dans les prochaines années la réponse aux besoins des usagers en augmentant de 1% par an le crédit d’impôt remboursable pour les personnes de 70 ans et plus.

On ne perçoit pas d’efforts concrets immédiats pour favoriser l’accès aux services d’aide à domicile aux personnes en perte d’autonomie. De toute évidence le travail reste à faire pour que le gouvernement considère l’investissement dans les services d’aide à domicile comme une solution.

Le ministre des Finances, M. Raymond Bachand déclarait pourtant récemment que les organismes d’économie sociale prodiguant aux personnes âgées des soins à domicile allaient jouer « un rôle majeur » pour permettre aux aînés de rester à domicile le plus longtemps possible et ainsi retarder leur départ vers le CHSLD. Ses propos avaient déjà donné beaucoup d’espoir aux représentants des regroupements de ces entreprises d’économie sociale en aide à domicile et force est maintenant d’admettre que malgré les bonnes intentions du gouvernement, l’investissement n’est pas au rendez-vous et que les annonces d’aujourd’hui n’auront pas d’impact significatif pour les usagers des services.

Une grande proportion de la clientèle de ces entreprises d’économie sociale dispose de moyens financiers plutôt modestes. « Nous avons pu observer au cours des dernières années un décrochage croissant de cette clientèle, souligne Marie-Claude Gasse de la Coalition, et un meilleur investissement fait dans le Programme d’exonération financière pour les services d’aide domestique (PEFSAD) aurait permis d’atténuer cette tendance ».

Pour Hélène St-Laurent de l’Aile rurale, « il s’agit d’un manque de reconnaissance de l’importance des services rendus par les EÉSAD qui, sans compter leurs autres services, offrent annuellement 5,5 millions d’heures de services d’aide à domicile pour contribuer au mieux-être des personnes en perte d’autonomie ».

Quant à lui, J. Benoit Caron, directeur général de la Fédération estime que le gouvernement du Québec aurait tout intérêt à manifester clairement sa préoccupation pour les personnes en perte d’autonomie et surtout à accorder une priorité stratégique au financement des services d’aide à domicile. « C’est un investissement qui aurait représenté une suite logique et cohérente de la volonté du gouvernement d’adopter la politique « Vieillir chez soi » », affirme M. Caron. Il faudra attendre l’adoption de la politique Vieillir chez soi et espérer…

Le Québec a la chance et le privilège d’avoir un réseau d’une centaine d’EÉSAD exploitées à des fins non lucratives qui ont pour mission de répondre aux besoins liés au vieillissement de la population et aux besoins croissants de services d’aide à domicile.

Plusieurs de ces entreprises de services d’aide à domicile composent depuis longtemps avec une grande précarité financière. Des investissements auraient été nécessaires pour mieux répondre aux besoins sur le terrain et ainsi assurer une qualité de vie convenable pour nos aînés.

Le gouvernement du Québec aurait tout avantage à investir dans les services d’aide à domicile et à informer la population de l’existence et des services qu’offrent les EÉSAD. On constate que les personnes en perte d’autonomie connaissent rarement les services auxquels ils peuvent avoir accès grâce, entre autres, au PEFSAD.

Mmes Gasse, St-Laurent et M. Caron tiennent à rappeler qu’il en coûte pourtant beaucoup moins cher à l’État de soutenir une personne à domicile que de l’héberger en CHSLD, et qu’au vu de cette équation évidente, le gouvernement du Québec aurait pu faire beaucoup mieux dans le budget déposé aujourd’hui.

Le réseau des EÉSAD est constitué de 6 500 travailleuses et travailleurs qui livrent 5,5 millions d’heures de services indispensables à plus de 81 000 usagers, qui sont majoritairement des personnes âgées en perte d’autonomie. Ces interventions quotidiennes et attentionnées contribuent très concrètement au droit fondamental des personnes âgées de vieillir chez elles.

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Pour information :

Marie-Claude Gasse Hélène St-Laurent J. Benoit Caron
La Coalition des entreprises d’économie sociale en aide domestique L’Aile rurale des entreprises d’économie sociale et aide à domicile du Québec La Fédération des coopératives de services à domicile et de santé du Québec
418 750-0085 418 763-7163 418 717-8882

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