Lévis, le 3 avril 2012 – Avec le dépôt de son rapport, la protectrice du citoyen, Mme Raymonde Saint-Germain confirme le discours que martèlent sans relâche les regroupements d’entreprises d’économie sociale en aide domestique (EÉSAD).

Effectivement, la Coalition des entreprises d’économie sociale en aide domestique, l’Aile rurale des entreprises d’économie sociale et aide à domicile du Québec et la Fédération des coopératives de services à domicile et de santé du Québec (FCSDSQ) n’ont cessé de le dire et de le répéter encore : les réseaux de santé locaux ne peuvent répondre à la demande et les EÉSAD ne peuvent plus remplacer l’État en maintenant le tarif des services en dessous de leur coût de revient. Selon elles, il appartient à l’État de s’assurer que les aînés puissent avoir les moyens d’accéder à leurs services.

Si la protectrice du citoyen est inquiète de l’accès aux services d’aide à domicile pour les aînés, les regroupements d’entreprises de services à domicile le sont déjà depuis plusieurs années. Ces entreprises collectives qui offrent 5 637 264 millions d’heures de services d’aide à domicile à 81 109 usagers par l’entreprise de leurs 6 500 préposés constatent que depuis 1997 les investissements en services à domicile ont toujours été en deçà des besoins.

Une augmentation de 20 % de la facture pour l’usager le plus pauvre

Les usagers des services de ces entreprises peuvent profiter du Programme d’exonération financière pour les services d’aide domestique (PEFSAD), qui détermine une aide financière pour l’usager en fonction de son revenu. En 1997, l’usager le plus pauvre assumait approximativement 20 % de la facture. Aujourd’hui, c’est souvent plus de 40 % de la facture qu’il doit assumer. Depuis quatre ans maintenant, les représentants des regroupements de ces entreprises n’ont cessé de lancer des cris d’alarme au gouvernement : études, analyses, rapports, réflexions, échanges, recherches, groupes de travail, toutes les raisons ont été bonnes jusqu’à maintenant… pour n’arriver à rien dans le dernier budget provincial.

Les aînés décrochent

De plus en plus d’entreprises membres de ces regroupements constatent que les aînés décrochent, carrément. En effet, depuis 15 ans, les entreprises ont tenté, autant que faire se peut, de maintenir leurs tarifs le plus bas possible pour assurer l’accès aux services à leurs usagers, mais elles n’ont pu échapper à l’obligation d’être rentables afin d’assurer leur pérennité. Ce faisant, on constate que de plus en plus d’aînés en perte d’autonomie, faute d’avoir les moyens financiers d’assumer la portion de la facture qui leur revient à défaut d’aide du gouvernement, diminuent leur consommation de services au moment où leur perte d’autonomie, elle, augmente. « Lorsque la perte d’autonomie devient trop importante, ils doivent s’en remettre à leurs aidants naturels ou se résoudre à quitter leur domicile pour l’hébergement », remarque Hélène St-Laurent, de l’Aile rurale.

Au bout du compte, c’est l’État qui assume une facture beaucoup plus importante. Il en coûtait en effet plus de 42 000 $ par personne par année à l’État pour de l’hébergement public en 2003. Aujourd’hui, il en coûte plus de 60 000 $. « Avec cette même somme, souligne J. Benoit Caron de la FCSDSQ, cette personne pourrait recevoir plus de 50 heures de services de soutien à domicile par semaine, ce qui est plus que ce dont la majorité des usagers, même avec une perte d’autonomie sévère, auront besoin ». Il est donc facile de comprendre qu’il vaut beaucoup mieux pour l’État d’investir dans les services à domicile pour éviter l’hébergement. C’est toute la société québécoise qui en bénéficiera et l’usager lui-même le premier. En 1997, un peu moins de 60 millions de dollars étaient prévus au budget pour le PEFSAD. À l’année financière qui vient de se terminer, ce sont 62 millions de dollars qui y étaient consacrés. Donc, alors qu’en 2003 le gouvernement du Québec s’est doté d’une politique de soutien à domicile, les dépenses relatives au principal programme d’aide financière pour les usagers stagnent depuis 15 ans.

La situation actuelle ne peut plus durer

« Il faut que le gouvernement du Québec cesse de dire qu’il souhaite investir dans le soutien à domicile et qu’il le fasse concrètement », de déclarer Marie-Claude Gasse, représentante de la Coalition. On constate que la démonstration de la volonté d’investir dans les services d’aide à domicile n’est pas faite. L’Aile, la Coalition et la Fédération regroupent près d’une centaine d’entreprises qui sont dirigées par des citoyens et des organismes du milieu. Ces organisations dénoncent depuis des années le sous-financement des services d’aide à domicile. L’objectif de ces entreprises collectives n’est pas de générer des profits, bien au contraire, ces organisations sont exploitées à des fins non lucratives. Elles sont unanimes à déclarer que la situation actuelle ne peut plus durer. En fait, l’État ne répond pas aux signaux d’alarme qu’émettent régulièrement les regroupements de ces entreprises.

« Cela fait maintenant des années qu’on sait que des aînés sont laissés à eux-mêmes, isolés, sans le soutien approprié. On le dit, ils écoutent, mais ils n’entendent pas », mentionnent les trois représentants des regroupements des EÉSAD. L’actuelle visibilité accordée au soutien à domicile permettra, espèrent-ils, de forcer le gouvernement du Québec à investir stratégiquement pour que les aînés puissent demeurer là où ils sont le mieux : chez eux.

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Pour information : Marie-Claude Gasse Hélène St-Laurent J. Benoit Caron
La Coalition des entreprises d’économie sociale en aide domestique L’Aile rurale des entreprises d’économie sociale et aide à domicile du Québec La Fédération des coopératives de services à domicile et de santé du Québec
418 750-0085 418 763-7163 418 717-8882

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